L’implacable mère des Désirs et l’enfant de la Thébaine Sémélé et le gai libertinage m’ordonnent de rendre mon cœur aux amours révolues. Je m’enflamme pour le teint éclatant de la radieuse Glycère, plus blanc que le marbre de Paros. Je m’enflamme pour sa charmante effronterie, pour son visage si troublant que je défaille à sa vue. Vénus est toute en moi descendue, elle a déserté Chypre et m’interdit d’écrire un seul mot sur les Scythes, ou le Parthe qui montre son courage à cheval en faisant (…)
Accueil > Mots-clés > versification > distiques
distiques
Articles
-
Horace, Odes I 19 | Amours révolues
23 décembre 2011, par Danielle Carlès -
Horace, Épodes 8 | La vieille séductrice
5 août 2012, par Danielle CarlèsDemander, toi décrépite par un âge trop avancé, ce qui énerve ma vigueur, quand tu as les dents noires, que ta vieillesse déjà usée laboure ton front de rides, que baille entre tes fesses décharnées un anus dégoûtant de vache diarrhéique ? Mais ta poitrine m’excite, oui, avec tes seins flasques comme les mamelles d’une jument, et ton ventre mou, ta cuisse maigre posée sur des mollets hydropiques ! Tu es fortunée, soit, et puissent les portraits triomphaux conduire ton convoi funèbre, et que (…)
-
Horace, Épodes 11 | Brûlures d’amour
29 août 2012, par Danielle CarlèsPettius, je n’ai plus le même plaisir qu’avant à écrire de petits vers, sous le coup d’un violent amour, l’amour qui, moi entre tous, me recherche, veut que je m’enflamme pour de souples éphèbes, pour des jeunes filles. 5 Vois, Décembre, le troisième depuis que j’ai fini d’être fou pour Inachia, fait tomber la parure des forêts. Hélas, dans tout Rome – ah, j’ai honte d’un mal si grand - quelle fable j’ai été et quel regret des repas où ma langueur et mon silence dénonçaient 10 mon amour, et (…)
-
Horace, Épodes 12 | La femme éléphant
11 septembre 2012, par Danielle CarlèsQue prétends-tu, femme bien faite pour les noirs éléphants ? Pourquoi m’envoies-tu des cadeaux, des messages, à moi, jeune homme sans vigueur, et qui n’a pas le nez bouché ? Oui, moi seul ai le flair si aiguisé que je sens la présence 5 d’un polype ou le bouc atroce qui loge sous tes aisselles velues, mieux qu’un chien haletant détecte la cachette d’un pourceau. Quelle sueur se dégage de tous ses membres rancis et quelle mauvaise odeur, si le pénis se relâche, et qu’elle s’active pour (…)
-
Horace, Épodes 7 | N’est-ce pas assez de sang ?
1er août 2012, par Danielle CarlèsOù courez-vous, impies, où courez-vous ? Pourquoi vos mains s’arment-elles des épées qui étaient au fourreau ? N’est-ce pas assez sur les plaines et sur Neptune de tout ce sang latin versé à profusion ? Non pour que le Romain brûle la citadelle orgueilleuse de l’envieuse Carthage, ou que le Breton jusque-là épargné descende enchaîné la voie Sacrée, mais, suivant les vœux des Parthes, pour que cette ville meure de sa propre main ! Jamais les loups, jamais les lions ne se sont ainsi comportés, (…)
-
Horace, Odes III 19 | À boire !
15 septembre 2014, par Danielle CarlèsCombien de générations séparent Inachus et Codrus qui pour sa patrie n’eut pas peur de mourir tu racontes, et la descendance d’Éaque, et les combats menés sous les murs de la sainte Ilion. Sur le prix de la jarre de Chio dans le commerce, sur celui qui met de l’eau à tiédir, sur l’hôte qui nous ouvre sa maison et l’heure où je suis à l’abri d’un froid pélignien, tu ne dis pas un mot. À boire, vite, pour la lune nouvelle ! À boire, pour la nuit qui bat son plein ! À (…)
-
Horace, Épodes 4 | Esclave
19 juillet 2012, par Danielle CarlèsEntre loups et agneaux la mésentente établie par le sort est aussi grande qu’entre toi et moi, toi marqué au flanc par la brûlure des cordes ibériques et aux jambes par le dur fer des entraves. C’est sûr tu portes beau, tu marches comme un riche, mais la fortune ne change pas ton espèce. Ne vois-tu pas, quand tu arpentes la voie Sacrée avec ta toge de deux fois trois coudée, comment se tournent vers ici ou vers là les visages des passants pleins d’une libre indignation ? On l’a écorché du (…)
-
Horace, Odes III 9 | Caprices de Vénus
9 décembre 2013, par Danielle CarlèsTant que je te plaisais et que personne, aucun amant préféré, de son bras
n’entourait ta nuque si blanche, plus qu’un roi des Perses j’ai joui de mon bonheur.
Tant qu’aucune autre plus que moi ne t’enflamma, que Lydia après Chloé ne
vint pas, Lydia au nom glorieux, plus que la Romaine Ilia j’ai joui de mon lustre.
Mais Chloé de Thrace est ma reine, savante en doux modes et joueuse de cithare.
Pour elle sans peur je mourrais, si, chère âme, le sort l’épargne et qu’elle survit. (…) -
Horace, Odes I 8 | L’amour ou la guerre
27 avril 2012, par Danielle CarlèsLydia, dis-moi, au nom de tous les
dieux, je t’en prie, pourquoi cette hâte de perdre Sybaris par amour ?
Pourquoi a-t-il pris en horreur le
grand air au Champ de Mars, lui qui ne craignait ni la poussière ni le
soleil ? Pourquoi ne caracole-t-il
plus avec les recrues de son âge, ne monte-t-il plus un cheval gaulois
muselé d’un mors à dents de loup ?
Pourquoi a-t-il peur d’approcher le Tibre jaune ? Pourquoi met-il plus
de précaution à éviter l’huile que
le sang de vipère (…) -
Horace, Épodes 10 | Prière pour un naufrage
25 août 2012, par Danielle CarlèsAmarres larguées sous de mauvais auspices part le navire qui emporte le puant Mévius. De fustiger ses deux flancs du flot hérissé, Auster, penses-y, n’oublie pas. 5 Puisse le noir Eurus sur la mer renversée disperser les cordages et les rames brisées, puisse l’Aquilon se lever si fort qu’en haut des montagnes il brise les yeuses tremblantes ! Que nulle étoile amie ne se montre dans la nuit noire 10 du côté où se couche le funeste Orion, que jamais ne le porte une mer plus tranquille que (…)