Lydia, lorsque tu fais l’éloge de la nuque rose de Télèphe, des bras de cire de Télèphe, ah ! mon sang se met à bouillir, la bile me rend malade ! Ma tête tourne, mon teint se brouille, mes joues se couvrent de larmes incontrôlables. Voici l’effet du feu persistant qui couve au plus profond de moi et me dévore. Je brûle de rage si j’aperçois sur tes épaules blanches les marques honteuses d’une dispute qui est allée trop loin sous l’empire du vin, ou si ton amant furieux a mordu tes lèvres (…)
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Horace, Odes I 13 | Vénus brutalisée
4 janvier 2012, par Danielle Carlès -
Horace, Satires I 8 | Priape et les sorcières
3 janvier 2012, par Danielle CarlèsAutrefois j’étais le tronc d’un figuier, du bois sans intérêt. Et puis un artisan, après avoir hésité à faire un escabeau ou un Priape, décida que c’était le dieu. Et donc je suis dieu. Je suis l’épouvantail le plus redouté des oiseaux et des voleurs : mon bras droit coupe l’envie de voler, et aussi le pieu rouge dressé avec obscénité à mon entrejambe, mais les oiseaux indésirables, c’est plutôt la canne que je porte sur le haut de la tête qui les effraie et les empêche de se poser dans ces (…)
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Horace, Satires I 7 | Persius de Clazomènes et le Roi de Préneste
2 janvier 2012, par Danielle CarlèsComment Persius, citoyen romain mais seulement à moitié, s’est vengé du Roi Rupilius, le proscrit, de ses crachats puants et venimeux, c’est, je crois bien, une histoire connue de tous, de tous ceux qui ont mal aux yeux et de tous les coiffeurs. (1-3)
Ce Persius était riche. Il avait à Clazomènes un établissement de commerce considérable, et une mauvaise affaire avec le Roi. C’était un homme grossier, encore plus détestable que le Roi, arrogant, bouffi d’orgueil, aux paroles remplies de (…) -
Haïku 7
2 janvier 2012, par Danielle Carlèsscissæ sublimen
levant se cæruleo
nebulæ cælo
s’allègent de bleu
les nuages déchirés
tout en haut du ciel
Par ALICe_M, en anglais :
lightening with blue
the torn uncovering clouds
high up in the sky
Par Pilar, en catalan :
De blau alleugerits
s’alcen esquinçats
els núvols en el cel -
Horace, Odes II 6 | à son ami Septimius
1er janvier 2012, par Danielle CarlèsSeptimius, tu serais prêt à m’accompagner jusqu’à Gadès, jusque chez les Cantabres qui ne connaissent pas le poids de notre joug, jusqu’aux Syrtes barbares où bouillonne sans cesse l’onde Maurétatienne,
mais puisse Tibur fondée par un colon d’Argos être le lieu où séjournera ma vieillesse, puisse-t-il être le terme, car je suis fatigué de la mer, des voyages et de la guerre.
Et si les Parques hostiles m’en tiennent éloigné, alors je gagnerai le calme fleuve de Galèse, où l’on met des (…) -
Horace, Odes I 31 | Que réclame au dieu le poète ?
31 décembre 2011, par Danielle CarlèsLe temple d’Apollon vient d’être consacré. En ce jour que réclame au dieu le poète ? Que lui demande-t-il en versant de sa coupe un peu de vin nouveau ? Pas les riches moissons de la féconde Sardaigne
ni les gras troupeaux de la Calabre ensoleillée, ni l’or et l’ivoire de l’Inde ni les campagnes mordues par les eaux calmes du Liris, fleuve taciturne.
Les gens de Calès prendront leur serpe pour tailler, puisque la Fortune leur a offert des vignes. Devenu riche, le marchand boira à des (…) -
Haïku 6
30 décembre 2011, par Danielle Carlèsadspectantibus
no sideribus
in gurgite temporis
je nage au regard
des étoiles plongée
dans le gouffre de l’instant
Par ALICe_M, en anglais :
swimming under the eyes of stars
engulfed into the depth
of the moment
Par Pilar, en catalan :
Nedo amb la mirada
perduda en els estels
en l’abisme del temps -
Haïku 5
28 décembre 2011, par Danielle Carlèspluvias guttas
ad mundum jaculata
arcu cælesti
ombre de la pluie
de la goutte à l’infini
sur l’arche céleste
Par Pilar, en catalan :
fletxes de pluja
llançades al món
sota un arc celeste -
Horace, Odes I 19 | Amours révolues
23 décembre 2011, par Danielle CarlèsL’implacable mère des Désirs et l’enfant de la Thébaine Sémélé et le gai libertinage m’ordonnent de rendre mon cœur aux amours révolues. Je m’enflamme pour le teint éclatant de la radieuse Glycère, plus blanc que le marbre de Paros. Je m’enflamme pour sa charmante effronterie, pour son visage si troublant que je défaille à sa vue. Vénus est toute en moi descendue, elle a déserté Chypre et m’interdit d’écrire un seul mot sur les Scythes, ou le Parthe qui montre son courage à cheval en faisant (…)
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Horace, Odes I 30 | L’amour précieux
22 décembre 2011, par Danielle CarlèsO Vénus, reine de Cnide et de Paphos, délaisse Chypre que tu aimes, viens habiter le joli sanctuaire de Glycère. Elle t’appelle et fait brûler beaucoup d’encens. Que viennent bien vite avec toi l’enfant des désirs brûlants, et les Grâces aux ceintures dénouées, les Nymphes et la Jeunesse, sans toi moins séduisante, et que vienne Mercure.
Texte latin
O Venus regina Cnidi Paphique,
sperne dilectam Cypron et uocantis
ture te multo Glyceræ decoram
transfer in aedem.
Feruidus tecum (…)


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