Puis je remets mon épée à la ceinture. Je passais mon bras gauche
dans le bouclier et l’attachais, et j’allais pour sortir de la maison.
Mais sur le seuil, embrassant mes pieds, ma femme,
sans me lâcher, tendait à son père le petit Iule :
[675] « Si tu pars pour mourir, nous aussi, prends-nous avec toi, pour tout !
Mais si tu places un espoir raisonnable dans les armes que tu as revêtues,
d’abord protège ta maison ! À qui le petit Iule est-il laissé ?
à qui ton père ? et moi, (…)
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23 août 2013, par Danielle Carlès -
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20 août 2013, par Danielle CarlèsMais alors je crus voir Ilion tout entière s’effondrer dans le feu
[625] et basculer jusqu’au tréfonds la Troie Neptunienne,
comme un très vieux frêne sur les sommets d’une montagne,
entaillé par le fer sous les coups répétés des haches des paysans
acharnés sur lui, rivalisant d’effort pour l’abattre, qui menace
et chancelle, agité dans sa frondaison, ébranlé jusqu’à la cime,
[630] jusqu’au moment où les blessures insensiblement ayant pris le dessus,
il a jeté un dernier cri, (…) -
Horace, Odes III 27 | Europe
15 août 2013, par Danielle CarlèsLes impies, que le chant répété de l’orfraie soit un signe qui les guide et une chienne pleine ou, déboulant du pays de Lanuvium, une louve fauve, ou une renarde qui met bas,
et qu’un serpent puisse annuler leur projet de voyage, si venant couper la route comme une flèche il a effrayé les chevaux ! Moi, quelqu’un pour qui je m’inquiète, augure circonspect,
avant que ne regagne ses marais d’eaux stagnantes l’oiseau annonciateur des orages imminents, ma prière suscitera la voix prophétique (…) -
Virgile, Énéide II v. 588-623 | Vénus en majesté
6 juin 2013, par Danielle CarlèsTelles étaient les pensées où je me débattais et je m’avançais avec fureur,
quand pour moi, elle, dans une clarté comme jamais auparavant à mes yeux, bien visible
[590] elle se montra et resplendit à travers la nuit d’une pure lumière,
ma douce mère, s’avouant déesse, telle que la voient
les habitants du ciel, dans sa majesté, et elle me prit par la main,
elle me retint, puis ajouta ces mots de sa bouche de rose :
« Mon fils, quel terrible ressentiment éveille cette colère (…) -
Virgile, Énéide II v. 559-587 | Hélène
4 juin 2013, par Danielle CarlèsMais alors pour la première fois une violente horreur s’empara de moi.
[560] Je me glaçai. L’image de mon père bien-aimé monta en moi
lorsque je vis le roi, qui avait le même âge, cruellement blessé
exhaler sa vie, monta celle de Créuse, seule,
notre maison au pillage, et le petit Iule en danger.
Je regarde, je passe en revue l’aide sur laquelle je peux compter autour de moi.
[565] Tous, à bout de force, ont abandonné et d’un saut les blessés
se sont jetés à terre, de (…) -
Horace, Odes III 3 | L’apothéose de Romulus
30 mai 2013, par Danielle CarlèsContre mon habitude, une introduction me semble cette fois-ci utile car l’ode est particulièrement complexe et mobilise de nombreuses références. Il y est question d’apothéose, soit le fait pour un mortel de devenir dieu après sa mort, généralement en récompense d’une vie de sagesse (v. 1-8), ainsi de Pollux, d’Hercule, de Bacchus. Auguste y est destiné (v. 11-12). Le poème consiste essentiellement dans un discours de Junon (v. 18-68) donnant son accord à l’apothéose de Romulus (v. 33-36), (…)
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Virgile, Énéide II v. 506-558 | La mort de Priam
25 mai 2013, par Danielle CarlèsPeut-être aussi voudrais-tu savoir quel fut le destin de Priam ?
Dès qu’il comprend que la ville est prise, qu’elle tombe, que les portes
de l’entrée ont été arrachées et que l’ennemi est là, au cœur du palais,
le vieil homme dans un geste vain revêt ses épaules que l’âge fait trembler
[510] des armes depuis longtemps remisées et ceint une inutile épée,
puis il se dirige, prêt à mourir, vers les rangs serrés ennemis.
Dans le milieu des appartements, à ciel ouvert sous l’axe de la (…) -
Virgile, Énéide II v. 479-505 | À l’intérieur du palais
22 mai 2013, par Danielle CarlèsLui-même parmi les premiers a saisi sa hache à double tranchant
[480] pour enfoncer la solide porte, arracher de leurs gonds les montants
de bronze. Et voici que déjà ses coups, faisant sauter une traverse, ont percé
le chêne résistant, voici que la vaste trouée offre une immense perspective.
Apparaît le palais à l’intérieur et s’ouvrent grand les longues salles de réception,
apparaissent les appartements privés de Priam et des anciens rois,
[485] et l’on peut voir les hommes (…) -
Virgile, Énéide II v. 469-478 | Pyrrhus
13 mai 2013, par Danielle CarlèsJuste devant l’entrée, à la première porte, Pyrrhus
[470] exulte à la lueur scintillante des armes et de l’airain,
tel un serpent au grand jour ayant fait pâture d’herbes mauvaises,
que la froidure de l’hiver tenait gonflé sous la terre à l’abri,
mais il a quitté sa dépouille et le voilà neuf et brillant de jeunesse,
et il enroule son corps luisant, relève la poitrine,
[475] dressé vers le soleil, et fait vibrer hors de sa gueule une langue triplement divisée.
Avec lui le géant (…) -
Virgile, Énéide II v. 438-468 | Au palais de Priam
9 mai 2013, par Danielle CarlèsMais là c’est une bataille sans limite, comme si la guerre ne se jouait
nulle part ailleurs, comme si personne ne mourait dans tout le reste de la ville,
[440] là nous voyons l’invincible violence de Mars, les Danaens à l’assaut du palais,
l’entrée assiégée par une formation en tortue.
Des échelles sont appliquées contre les murs, ils se hissent précisément
vers les ouvertures, barreau après barreau, et se protègent de la main gauche, opposant
les boucliers aux armes qui volent, (…)


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