Cependant l’Aurore surgie a quitté l’Océan.
[130] Il passe par les portes, dans la clarté naissante, une élite de jeunes gens,
amples filets, pièges, épieux au large fer.
Des cavaliers Massyles s’élancent, et la meute flaireuse des chiens.
La reine s’attarde dans sa chambre, sur le seuil les princes
puniques patientent et, brillant de pourpre et d’or
[135] l’attend un coursier au pied sonore, fier, mâchonnant son frein écumeux.
Enfin elle se présente, entourée d’une grande (…)
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Virgile, Énéide IV v. 129-159 | Chasse royale
21 février 2014, par Danielle Carlès -
Virgile, Énéide IV v. 90-128 | Tractations
19 février 2014, par Danielle Carlès[90] Ce mal dont elle est prise, dès que le comprit
l’épouse chérie de Jupiter, et que la honte n’opposait aucun frein à la fureur,
elle va voir Vénus, la Saturnienne, et l’attaque en ces termes :
« Glorieux mérite vraiment, dépouilles magnifiques que vous remportez,
toi et ton enfant, grande et mémorable renommée,
[95] une seule femme vaincue par la ruse de deux dieux !
Non, je ne suis pas dupe à ce point, tu redoutais nos forteresses,
tu tenais en soupçon les palais de la (…) -
Virgile, Énéide IV v. 56-89 | comme la biche parmi les bois de Crète
17 février 2014, par Danielle CarlèsPremière tâche, elles vont aux temples et d’autel en autel cherchent à obtenir
une réponse de paix. Elles immolent des victimes de deux ans choisies selon le rite
en l’honneur de Cérès porteuse de la loi, de Phébus, de Lyæus père,
de Junon avant tous les autres, qui a le soin des liens conjugaux.
[60] C’est elle-même, tenant la coupe dans sa main droite, la belle Didon,
qui la verse entre les cornes d’une vache parfaitement blanche
ou s’avance face aux dieux vers les autels (…) -
Virgile, Énéide IV v. 30-55 | Anna
14 février 2014, par Danielle Carlès[30] Disant cela, elle inonda sa robe des larmes jaillies.
Anna répond : « Ô plus chère à ta sœur que la lumière du jour,
passeras-tu seule et triste toute ta jeunesse à être déchirée,
et ne connaître ni la douceur des enfants, ni les faveurs de Vénus ? Crois-tu que cendre ou Mânes on s’en inquiète une fois au tombeau ?
[35] C’est vrai, de ton chagrin autrefois aucun prétendant ne t’a détourné,
ni en Libye, ni auparavant à Tyr. Iarbas a été éconduit
ainsi que d’autres chefs, (…) -
Virgile, Énéide IV v. 1-29 | La reine blessée
12 février 2014, par Danielle CarlèsOr la reine, touchée depuis longtemps, d’un mortel tourment
nourrit la blessure dans ses veines et d’un feu aveugle est bourrelée.
L’immense vertu du héros sans cesse lui revient à l’esprit et l’immense
noblesse de sa naissance. Lui sont fixement rivés au cœur son visage
[5] et ses paroles, et le tourment ne permet au corps aucun paisible repos.
Le lendemain, Phébus de sa lumière balayait la terre
et l’Aurore au ciel avait chassé la sombre humidité,
qu’elle va voir celle avec (…) -
Horace, Odes III 10 | Aux suppliants fais grâce !
12 décembre 2013, par Danielle CarlèsAux confins du Tanaïs tu boirais son eau, Lycé, mariée à un sauvage, que pourtant me voir couché devant ta porte rugueuse et jeté aux indigènes Aquilons, tu en pleurerais.
Entends-tu le bruit à ta porte, le bruit dans le bois planté entre les murs de ta belle maison ? Cela mugit avec le vent. Et que la neige au sol se glace sous le ciel pur de Jupiter ?
Cette arrogance déplaît à Vénus, dépose-la, que la roue, tournant à l’envers, ne voie filer le câble ! Tu n’es pas Pénélope, à ses (…) -
Horace, Odes III 9 | Caprices de Vénus
9 décembre 2013, par Danielle CarlèsTant que je te plaisais et que personne, aucun amant préféré, de son bras
n’entourait ta nuque si blanche, plus qu’un roi des Perses j’ai joui de mon bonheur.
Tant qu’aucune autre plus que moi ne t’enflamma, que Lydia après Chloé ne
vint pas, Lydia au nom glorieux, plus que la Romaine Ilia j’ai joui de mon lustre.
Mais Chloé de Thrace est ma reine, savante en doux modes et joueuse de cithare.
Pour elle sans peur je mourrais, si, chère âme, le sort l’épargne et qu’elle survit. (…) -
Virgile, Énéide III v. 682-718 | À la fin il se tut
5 décembre 2013, par Danielle CarlèsUne peur aiguë nous pousse vers n’importe où, nous larguons précipitamment
les cordages et orientons les voiles au vent favorable.
Les conseils d’Hélénus n’invitent pas à passer entre Scylla et Charybde,
[685] d’un côté ou de l’autre on va à la mort si peu que l’on s’écarte
de la route. La décision est prise de donner la toile en rebroussant chemin.
Or voici que Borée, dépêché depuis l’étroit Pélore,
vient à notre aide. Je double les falaises naturelles à l’embouchure
du (…) -
Virgile, Énéide III v. 655-681 | Fuite devant l’horreur
30 novembre 2013, par Danielle Carlès[655] À peine avait-il fini de parler qu’au sommet de la montagne nous le voyons,
lui, au milieu de ses brebis, qui déplace son énorme masse,
le berger, Polyphème, et se dirige vers le rivage qu’il connaît bien,
monstre terrifiant, hideux, gigantesque, à qui l’on a ôté la vue.
Dans sa main le tronc d’un pin guide sa route et assure ses pas,
[660] ses brebis laineuses tout autour de lui. Seul plaisir, seul
soulagement à son malheur[, à son cou pend une flûte].
Quand il a atteint (…) -
Virgile, Énéide III v. 612-654 | Polyphème
28 novembre 2013, par Danielle CarlèsLui finalement renonça à sa peur et dit ce qui suit :
« Je viens d’Ithaque, ma patrie, j’accompagnais l’infortuné Ulysse,
je me nomme Achéménide, parti pour Troie de chez mon père Adamaste,
[615] qui n’était pas riche — ah, si les choses avaient pu rester ce qu’elles étaient !
Ici, dans leur affolement de quitter cet endroit inhumain,
mes compagnons m’ont oublié, ici, dans la vaste caverne du Cyclope
ils m’ont abandonné. La maison, vouée à la sanie et aux repas sanglants, (…)


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