Tu voulais mesurer la mer et la terre, et le sable sans nombre,
et tout entier te contient, Archytas,
un peu de poussière près du large Matinus, ce petit présent que
l’on t’a fait et à rien ne te sert d’
avoir sondé les demeures aériennes et parcouru la voûte céleste
de ton intelligence promise à mourir.
Lui aussi s’est éteint le père de Pélops, invité à la table des
dieux, et Tithon enlevé dans les airs
et Minos admis aux secrets de Jupiter, et le Tartare retient le (…)
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distiques
Articles
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Horace, Odes I 28 | Une seule fois sur le chemin de la mort
31 mai 2012, par Danielle Carlès -
Horace, Épodes 2 | Qu’il est heureux loin des affaires
10 juillet 2012, par Danielle Carlès« Qu’il est heureux, loin des affaires, comme les mortels des premiers âges, celui qui travaille les champs de ses pères, avec ses bœufs à lui, libre de tout prêt à usure. On ne le réveille pas, soldat, au son terrible de la trompette, il ne connaît pas l’horreur de la mer démontée, et se tient à l’écart du forum et des seuils arrogants des citoyens puissants. Le voilà donc à marier les pousses déjà grandes de la vigne et les hauts peupliers, il observe au loin, dans un renfoncement de (…)
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Horace, Odes I 4 | C’est maintenant, c’est le moment
23 avril 2012, par Danielle CarlèsL’âpre hiver s’alanguit dans la grâce retrouvée du printemps et du Favonius
Des machines tirent au sec les carènes des bateaux
Le bétail ne se plaît plus dans les étables, ni le laboureur au coin du feu
Les prés ne blanchissent plus du givre scintillant
Voici la Cythéréenne, Vénus mène la ronde des chœurs sous la lune suspendue
Et les Grâces avec les Nymphes réunies pudiquement
Frappent la terre et d’un pied et de l’autre, pendant que chez les Cyclopes
Vulcain l’ardent embrase (…) -
Horace, Épodes 16 | La prophétie
12 novembre 2012, par Danielle CarlèsUne deuxième génération s’épuise dans les guerres civiles
et Rome s’effondre sous ses propres forces.
Elle dont les Marses voisins n’ont pu venir à bout,
ni la puissance étrusque de Porsenna menaçant,
5 ni Capoue, rivale par le courage, ni Spartacus dans son acharnement,
ni les rebellions de l’Allobroge infidèle,
elle que n’a domptée ni la sauvage Germanie et ses guerriers bleus,
ni Hannibal exécré des parents,
génération impie issue d’un sang maudit, nous la ruinerons
10 (…) -
Horace, Épodes 12 | La femme éléphant
11 septembre 2012, par Danielle CarlèsQue prétends-tu, femme bien faite pour les noirs éléphants ? Pourquoi m’envoies-tu des cadeaux, des messages, à moi, jeune homme sans vigueur, et qui n’a pas le nez bouché ? Oui, moi seul ai le flair si aiguisé que je sens la présence 5 d’un polype ou le bouc atroce qui loge sous tes aisselles velues, mieux qu’un chien haletant détecte la cachette d’un pourceau. Quelle sueur se dégage de tous ses membres rancis et quelle mauvaise odeur, si le pénis se relâche, et qu’elle s’active pour (…)
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Horace, Odes IV 3 | Melpomène
20 janvier 2015, par Danielle CarlèsCelui, Melpomène, qu’une seule fois
à sa naissance de ton œil très doux tu auras regardé,
celui-là, non, le jeu isthmique
ne le verra pas s’illustrer au pugilat, non, un cheval endiablé
ne le mènera pas sur un char achéen5
à la victoire, et aucune exploit guerrier, du feuillage délien
général couronné
pour avoir écrasé l’orgueil menaçant des rois,
ne l’affichera au Capitole,
mais les eaux qui arrosent le fécond Tibur10
et l’épaisse chevelure des bois
lui forgeront dans (…) -
Horace, Odes I 36 | Jour de fête
15 juin 2012, par Danielle CarlèsAvec l’encens, avec la lyre, il est doux de contenter, et avec le sang promis d’un veau, les dieux protecteurs de Numida, aujourd’hui revenu sain et sauf des confins de l’Hespérie et qui distribue à ses chers camarades de nombreux baisers, mais à personne plus qu’à son Lamia bien aimé, en mémoire de leur enfance passée sous le même roi, et de la toge prise en même temps. Que ce beau jour ne manque pas d’être noté de craie blanche, et qu’on fasse monter une amphore sur mesure ! À la façon (…)
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Horace, Épodes 3 | Ça brûle !
16 juillet 2012, par Danielle CarlèsSi quelqu’un quelque jour d’une main impie brise le cou de son vieillard de père, qu’il mange de l’ail, plus funeste que la ciguë ! Ô ventres durs des moissonneurs ! Quel est ce poison qui sévit dans mes entrailles ? Du sang de vipère a-t-il cuit dans ces herbes à mon insu ? Canidia a-t-elle mis la main à ce mets infâme ? Radieux, le chef éclipsait tous les Argonautes. Médée éblouie, quand il dut mettre aux taureaux le joug inconnu, avec ça, oui, frotta Jason, imprégna de ça les dons pour sa (…)
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Horace, Épodes 7 | N’est-ce pas assez de sang ?
1er août 2012, par Danielle CarlèsOù courez-vous, impies, où courez-vous ? Pourquoi vos mains s’arment-elles des épées qui étaient au fourreau ? N’est-ce pas assez sur les plaines et sur Neptune de tout ce sang latin versé à profusion ? Non pour que le Romain brûle la citadelle orgueilleuse de l’envieuse Carthage, ou que le Breton jusque-là épargné descende enchaîné la voie Sacrée, mais, suivant les vœux des Parthes, pour que cette ville meure de sa propre main ! Jamais les loups, jamais les lions ne se sont ainsi comportés, (…)
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Horace, Épodes 13 | Tant que nous sommes jeunes
15 septembre 2012, par Danielle CarlèsUne âpre tempête resserre le ciel. Il tombe des averses de pluie
et de neige en cortège à Jupiter. La mer, les forêts tour à tour
résonnent du grondement de l’Aquilon de Thrace. Ravissons, amis,
l’occasion au jour, et, tant que nos genoux sont verts, tant qu’
il nous sied, que prenne congé la vieillesse au front assombri !
Toi, fais monter un vin pressé l’année de Torquatus, mon consul,
laisse de côté tout le reste, n’en parle pas : un dieu peut-être (…)