Le noir et blanc du négatif fixe une couleur absente dont nous rêverons pourtant dans nos souvenirs de l’image. Les yeux sans pupille ont le vague de ceux qui prennent la pose dans les vieilles photos de famille, immobilisés devant l’objectif patient. Ce Tityre à chapeau sous l’arbre tutélaire, sait-il ce qui se passe dans son dos, au-dessus de sa tête ? Est-il conscient de ce foisonnement de corps hérissés contre quoi il s’appuie, les mains tendues vers lui ? Regardons-nous un genre de (…)
Dernières publications
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avec Giovanni Merloni
1er novembre 2013, par Danielle Carlès, Giovanni Merloni -
Virgile, Énéide III v. 369-393 | Le devin
29 octobre 2013, par Danielle CarlèsAlors Hélénus égorge tout d’abord selon le rite de jeunes taureaux
[370] pour obtenir la paix des dieux, dénoue les bandelettes
de sa sainte tête et jusqu’à ton seuil, Phébus,
de sa propre main, car tant de présence divine me fait hésiter, il me conduit
et voici ce qu’ensuite prophétise, d’après la bouche du dieu, son ministre :
« Fils d’une déesse, oui, que tu ailles par la haute mer, de puissants
[375] auspices en donnent une assurance manifeste : ce destin, le roi des dieux (…) -
Horace, Odes III 7 | Tentations
28 octobre 2013, par Danielle CarlèsUne première version en vers justifiés (52 x 2 + 30 + 38 caractères)
pourquoi pleures-tu Astérie ce garçon que la blanche clarté du Favonius au printemps naissant te ramènera prospère du commerce en Thynie ce garçon fidèle et de grande droiture
Gygès tandis que lui poussé par le Notus vers Orikos après les excès des astres de la Chèvre il passe ses nuits au froid non sans verser beaucoup de larmes incapable de dormir
pourtant un entremetteur de son hôtesse troublée lui dit que Chloé (…) -
Virgile, Énéide III v. 344-368 | La petite Troie d’Hélénus
25 octobre 2013, par Danielle CarlèsAinsi s’épanchait-elle en pleurant, source infinie
[345] de vains gémissements, quand depuis les remparts le héros
fils de Priam, Hélénus, suivi d’une grande escorte, se dirige vers nous.
Il reconnaît les siens, il est heureux de nous mener au seuil du palais
et répand beaucoup de larmes à chaque mot prononcé.
J’avance et c’est une petite Troie et, copiée sur la grande,
[350] une Pergame, et un ruisseau à sec portant le nom du Xanthe,
que je reconnais, et j’embrasse le seuil (…) -
Virgile, Énéide III v. 300-343 | Le destin d’Andromaque
23 octobre 2013, par Danielle Carlès[300] Je quitte le port et je m’avance, laissant derrière moi la flotte et le rivage.
juste à l’instant où par hasard en sacrifice annuel et offrandes funèbres
devant la ville près des eaux d’une apparence de Simoïs,
Andromaque faisait des libations sur la cendre et invoquait les Mânes
au pied d’un tertre en l’honneur d’Hector, mais vide, et deux autels
[305] sanctifiés par elle avec du gazon vert, à cause de quoi elle pleurait.
Quand elle me vit arriver, qu’elle aperçut les (…) -
Virgile, Énéide III v. 291-299 | Le long des côtes de l’Épire
21 octobre 2013, par Danielle CarlèsContinuant tout droit nous perdons de vue les citadelles d’azur des Phéaciens
nous longeons les côtes de l’Épire, en nous dirigeant vers le port
des Chaoniens, et abordons devant la haute ville de Buthrote.
Là le bruit d’un incroyable événement accapare nos oreilles :
[295] le Priamide Hélénus possède un trône, il règne sur des villes grecques,
jouissant à la fois de la compagne et du sceptre de Pyrrhus l’Éacide,
et pour la seconde fois Andromaque est échue à un époux de chez (…) -
Virgile, Énéide III v. 259-290 | Dans la mer Ionienne
19 octobre 2013, par Danielle CarlèsQuant à mes compagnons, de la peur soudaine leur sang glacé
[260] se figea, leur résolution tomba, ils ne veulent plus recourir aux armes,
mais qu’on réclame la paix à force de vœux et de prières,
qu’elles soient déesses ou hideux oiseaux de malheur.
Mon père Anchise aussi, paumes tendues, depuis la plage,
invoque les grands dieux et promet de justes récompenses :
[265] « Dieux, empêchez cette menace ! dieux, éloignez ce malheur !
apaisés par notre piété, préservez-nous ! » (…) -
Virgile, Énéide III v. 209-258 | Les Harpyes
17 octobre 2013, par Danielle CarlèsSans dommage infligé par les flots, le rivage des Strophades tout d’abord
[210] m’accueille. Les Strophades portent un nom grec, ce sont
des îles situées dans la grande mer Ionienne, et la funeste Céléno
avec les autres Harpyes l’habitent, après qu’on leur a fermé
la maison de Phinée, que la peur les a fait abandonner leurs premières tables.
Pas un monstre plus sinistre que celles-là, ni un fléau et
[215] une colère divine plus cruelle, n’a surgi des eaux du Styx.
Des oiseaux (…) -
Horace, Odes III 6 | Payer pour les fautes de ses aînés
14 octobre 2013, par Danielle CarlèsPour les fautes de tes aînés même innocent tu paieras, Romain, tant que tu n’auras pas restauré les temples, les maisons chancelantes des dieux et leurs images dégoûtantes du noir de la fumée.
C’est agir par soumission aux dieux qui assure ton empire : de là vient tout principe, à cela rapporte toute fin. Les dieux négligés ont donné des maux sans nombre à l’Hespérie, des raisons de pleurer.
Deux fois déjà Monésès et les troupes de Pacorus lors d’attaques lancées sous de mauvais auspices (…) -
Virgile, Énéide III v. 192-208 | Orages
10 octobre 2013, par Danielle CarlèsUne fois que les navires eurent touché le large, et déjà plus une seule
terre en vue, partout le ciel et partout la mer,
voici qu’au-dessus de ma tête se forma un nuage d’encre,
[195] porteur de nuit et de mauvais temps, et l’eau frissonna sous les ténèbres.
D’un seul coup les vents roulent la mer qui se soulève par grandes
nappes. Un immense tourbillon nous disperse, nous jette dans tous les sens.
Les averses voilent le jour, une nuit liquide
dérobe le ciel. Les éclairs se (…)


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